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dimanche 5 mai 2019

Conversation joyeuse avec Clotilde Noël : 6 fois maman, elle adopte 3 enfants handicapés


Ce qui surprend au premier abord, c’est à la fois la vitalité, la spontanéité et la simplicité naturelle de Clotilde. C’est aussi sa grâce. Car tout est grâce chez elle : son visage harmonieux et souriant, sa fraîcheur dans la relation, le récit que l’on dirait ordinaire de son histoire pourtant extraordinaire, l’amour inconditionnel et infini qui s’en dégage… Mais qui donc est cette maman de 6 enfants naturels qui a ensuite adopté Marie, ravissante petite fille trisomique à l’affiche du grand shooting de la trisomie 21, puis Marie-Garance, polyhandicapée… et bientôt, un petit garçon handicapé lui aussi, sur le point de rejoindre le cocon familial ?

J’ai eu l’immense bonheur de rencontrer Clotilde et cela fait partie des rencontres qui vous marquent et vous distillent de l’énergie à revendre !
La première question que j’ai eu envie de poser, c’est la motivation de Clotilde et de son mari Nicolas ? Pourquoi cette 7ème enfant porteuse de trisomie 21 est entrée dans leur famille ?
« Avec nos 6 enfants que j’ai eus jeune, nous avions l’habitude de voyager, aux 4 coins du monde, de façon spontanée. Pas les voyages organisés, plutôt des voyages d’aventurier qui nous permettent d’aller vers les autres, car c’est ce que nous aimons. »
Et puis s’est posée la question d’un 7ème enfant avec une évidence qui s’impose rapidement à Clotilde, limpide : « et si nous adoptions un enfant qui existe déjà pour répondre un réel besoin humain, de la société ? » Orientés vers des associations et les services sociaux qui conditionnent leur demande à celle d’un enfant handicapé, Clotilde et Nicolas ne renoncent pas. Au contraire ! « Cela donnait plus de sens encore à notre souhait. » Et là, c’est un véritable parcours du combattant qui commence, deux années interminables d’incompréhension des services sociaux qui multiplient les enquêtes, démarches administratives jusqu’à imposer une expertise psychiatrique, convaincus que le couple est « tordu ». Même leurs proches cherchent à les dissuader : « votre famille va exploser ».
« En France, on n’a pas le droit d’aimer, » s’indigne Clotilde, on entend de la colère dans sa voix. Leur volonté et ténacité ont raison des obstacles : Marie arrive dans la famille, elle a 7 mois et c’est l’excitation générale ! Tombé du Nid est le récit de ce long chemin vers Marie et marque la naissance également de l’association éponyme dont nous avions parlé à l’occasion du shooting de la trisomie 21.
La suite ? « Marie est tellement facile, les enfants l’adorent » qu’elle ouvre la voie à un deuxième livre « Petit à petit » racontant les années qui ont suivi son adoption, « la façon dont les enfants grandissent avec cela ». Son objectif ? « Il n’y a aucune leçon à donner. Juste montrer que notre vie avec Marie est tout sauf une vie foutue. » S’il fallait une preuve supplémentaire, c’est la demande que les 6 ainés ne vont pas tarder à formuler : « ce sont nos enfants qui ont demandé à adopter un 2ème enfant handicapé. » Les freins, ils les connaissent, Clotilde et Nicolas, et ils vont se battre une nouvelle fois, contre l’administration, contre eux-mêmes aussi car « accueillir la faiblesse, c'est risquer d'affronter ses peurs, ses résistances et ses propres faiblesses. C'est prendre le risque de mourir à soi-même, pour renaître et découvrir un bonheur sans limite. »
Marie-Garance arrive à 16 mois, polyhandicapée, et de suite est adoptée par toute la tribu des Noël. « Un véritable tsunami » reconnait Clotilde, mais « tout est victoire, tout est joie à chaque étape franchie » poursuit-elle avec enthousiasme. 
Risquer l'infini, 3ème livre qui vient d’être publié chez Salvator, c’est le récit de l’amour inconditionnel de Clotilde pour Marie-Garance : un amour risqué car la petite fille peut s’éteindre du jour au lendemain, infini car elle ouvre des portes vers le dépouillement de soi et des joies simples et profondes.
« On n’a plus besoin d’aller à l’autre bout du monde avec mon mari. Un WE à Monfort l’Amaury avec un sandwich triangle et on est les plus heureux du monde ! »
Les plus heureux du monde, ils vont l’être à nouveau puisqu’ils accueillent un 3ème enfant handicapé, un petit garçon cette fois-ci.

Vous voulez vous engager ?
Nicolas et Clotilde ont créé une association Tombée du nid financée par les droits d’auteur des livres de Clotilde ; cette association a pour objectifs d’initier et soutenir des projets liés au handicap, pour favoriser l’inclusion des plus faibles et les plus démunis au cœur de la cité.
Soutien financier, bénévolat ou service civique, inscription à des courses caritatives… Vous êtes les bienvenus ! Parlez-en autour de vous également !

dimanche 3 mars 2019

Conversation joyeuse avec Hortense, tout jeune psychomotricienne passionnée en charge d’enfants en situation de handicap


Direction le Liban aujourd’hui, à la rencontre d’Hortense qui réalise une mission de service civique (on avait évoqué toutes les possibilités il y a quelques semaines) au sein de l’association libanaise SESOBEL, pour mettre en pratique ses toutes nouvelles compétences en psychomotricité ! Une expérience extraordinaire dont elle témoigne, et que je vous invite à partager car cela peut donner des idées.
Peux-tu en quelques mots te présenter et nous dire quel est ton lien avec le handicap ?
J’avais 14 ans lorsque mes parents m’ont dit que nous allions passer la journée avec des personnes handicapées dans une association, nommée Foi & Lumière. Cette idée ne m’enchantait pas vraiment… Le handicap à cette époque m’était inconnu et m’intimidait. J’ai donc suivi mes parents avec des pieds de plomb !
Une heure s’était à peine écoulée lorsqu’une jeune trisomique vient me voir pour me demander mon prénom. Je réponds d’une voix timide que je m’appelle Hortense et que c’est la première fois que je viens à Foi & Lumière. Elle m’embrasse et poursuit : « Tu sais ce que Jésus m’a dit pendant la messe ? » - Avec un regard d’étonnement je fais signe que non - « Il m’a dit qu’il m’avait faite différente des autres, mais qu’il m’avait donné un coeur bien plus gros que les autres pour que je puisse aimer tout le monde ; alors Hortense, je ne te connais pas, mais je t’aime déjà ! » Sa parole m’a touchée en plein coeur, me faisant réaliser que malgré mon ignorance sur le handicap, je l’aimais déjà !

Cette rencontre a été déterminante pour la suite, si je comprends bien ?
J’ai alors fait des études de psychomotricité. Aujourd’hui diplômée, j’effectue un service civique au Liban dans une association exceptionnelle, appelée SESOBEL.
SESOBEL accueille la journée des enfants en situation de handicap. Cependant, elle ne se contente pas d’être une simple structure d’accueil… C’est une « maison d’amour » qui prend soin de chaque enfant pour leur permettre de mener une vie de dignité. L’association prend en charge des personnes en situation de handicap de leur naissance jusqu’à leur vie adulte.
Toute l’équipe de SESOBEL met un point d’honneur à les accompagner dans leurs projets de vie et dans l’accomplissement de leurs rêves.

En dépit d’un pays où le handicap reste tabou, à SESOBEL j’ai rencontré de nombreuses personnes (aux handicaps variés) épanouies, heureuses et créatives, travaillant au sein de différents ateliers. Elles œuvrent dans les ateliers de pré-presse (graphique design), d’hôtellerie (réception, room service, ménage) de couture, de peintures, de chocolaterie, de chorale, de photographie… Elles occupent des postes dans le domaine administratif, en cuisine ou encore comme aide éducateur dans les classes. Elles contribuent au développement de la société et permettent à SESOBEL de vivre et de s’agrandir !

En quoi consiste ton métier de psychomotricienne auprès des personnes handicapées ?
La psychomotricité, c’est l’expression corporelle de notre vie psychique, affective, intellectuelle et relationnelle, tant dans son fonctionnement que dans sa structure. Être psychomotricien, c’est avoir un regard global sur la personne. On ne prend pas en charge le handicap mais un être humain, avec son histoire, sa famille, ses désirs, son projet de vie, ses rêves, ses capacités et ses difficultés.

A SESOBEL, je suis accueillie par l’équipe des psychomotriciennes pour réaliser ma mission de volontaire en exerçant la psychomotricité auprès d’enfants lourdement handicapés. Au début et avec la barrière de la langue, les enfants pouvaient se montrer réticents lors de mes propositions de jeux ou d’activités... mais très vite ils m’ont accordé leur confiance pour, qu’ensemble, nous puissions effectuer de belles choses. Parfois je me sens démunie et impuissante devant l’importance du handicap, mais les enfants sont merveilleux et à chacun de mes doutes ils m’apportent réconfort par un sourire, un regard, un progrès. Ils m’apprennent ainsi à leur faire confiance.

Tu donnes beaucoup Hortense, mais à t’entendre, tu sembles beaucoup recevoir en retour, n’est-ce-pas ?
Les personnes handicapées m’ont apporté tant de choses, et je ne sais si je serai capable un jour de leur rendre. Elles m’ont donné l’envie de faire ce métier, elles m’ont appris à faire confiance aux autres, elles m’ont transmis leur simplicité à être heureux, elles m’ont montré la persévérance, elles m’ont témoigné de l’importance de l’amour et elles m’ont prouvé que rien n’est impossible.

Pour mieux connaître l'association Sesobel, c'est ici en images.

mercredi 16 janvier 2019

De nombreuses missions Handicap avec le service civique : jeunes, foncez !


Pour tous les jeunes en quête de sens, inutile d’aller au bout du monde, le service civique mérite qu’on s’y intéresse ! Engagement volontaire continu, ni salarié, ni bénévole, il s’effectue au sein d’un organisme pour une mission reconnue d’intérêt général. Il y en a pour tous les goûts : philanthropique, éducatif, environnemental, scientifique, social, humanitaire, sportif, familial et culturel.


Mode d’emploi, en 1 minute !
  •      La durée d’une mission ? Entre 6 à 12 mois de 24 à 48 heures par semaine. On ne peut faire qu’un seul service civique dans une vie.
  •      L’indemnité perçue ? Environ 470 euros par mois par l’État.
  •       À quel âge ? Entre 16 et 25 ans (jusqu’à 30 ans pour les personnes en situation de handicap).
  •         Faut-il un diplôme ? Accessible à tous, sans condition de diplôme.
  •        Qui peut proposer un service civique ? Une association, une fédération, un établissement public, une collectivité, que ce soit en France ou à l’étranger. 
Où trouver la mission de votre vie ?
Bien sûr, celles qui nous intéressent particulièrement chez Handi CapSourire, ce sont les missions en lien avec le handicap. Pour les identifier, c’est simple !

  •      Rendez-vous sur le site du service civique, là en particulier, des dizaines de missions vous attendent dans tous les domaines !
  •      Ou sur le site de l’Arche qui recherche également des jeunes en service civique, soucieux d’expérimenter des relations humaines fondées sur la différence et l’ouverture à la fragilité.

Ses 32 communautés accueillent en France plus de 1200 personnes ayant un handicap mental dans des foyers d'hébergement de petite taille, des centres d'activités de jour et des ESAT (Établissements Sanitaires d'Aide par le Travail). Les personnes en situation de handicap et leurs accompagnateurs y partagent la vie quotidienne. Ce mode d'accueil vise à redonner une place dans la société aux personnes avec un handicap mental et à promouvoir leur dignité.


        Pour en savoir plus, c’est ici !

  Vous savez ce qu’il vous reste à faire ?