mercredi 11 septembre 2019

Conversation joyeuse avec Fabienne, maman d'un petit garçon scolarisé en classe ULIS


Rentrée oblige… L’occasion de partager avec vous le témoignage très positif et encourageant d’une maman dont l’enfant est en classe ULIS, et qui vient de rentrer pour la seconde année consécutive dans ce type de classe dite inclusive.
Vous vous posez des questions sur la manière dont cela fonctionne ? Vous avez besoin d’être rassuré sur l’enseignement dispensé en ULIS et comment les enfants vivent cette orientation ? Ecoutez Fabienne, que je remercie du fond du cœur pour son témoignage.

1 – Pouvez-vous, en quelques lignes, vous présenter et nous dire quel est votre lien avec le handicap (familial, amical, associatif…) ?
Je m’appelle Fabienne, 41 ans et je suis la maman de 3 beaux enfants de 12, 9 et 6 ans. Notre dernier fils, Maxence, présente des troubles importants des apprentissages depuis son entrée en maternelle. Cette année, il a fait sa 2ème rentrée en classe ULIS (unité localisée pour l’inclusion scolaire) en restant dans le même établissement scolaire que son frère et sa sœur.

2- C’est quoi une classe ULIS ?
C’est une classe différente mais comme les autres !
La classe ULIS accueille des enfants avec des troubles et/ou difficultés similaires ou « compatibles ». 1 enseignante et 1 AVS (Aide de Vie scolaire) s’occupent d’une dizaine d’enfants maximum. La classe se situe dans le même bâtiment que les autres classes du primaire. Il existe aussi une classe ULIS en secondaire. En ULIS, on ne tient pas compte de l’âge des enfants mais de leurs capacités.
L’idée de cette classe est d’offrir aux enfants en difficulté scolaire un enseignement personnalisé tout en favorisant les liens avec les autres enfants de l’école.
En fonction des possibilités de chaque enfant et de ses besoins, son emploi du temps est aménagé entre prises en charge personnalisées, en ULIS, et temps d’inclusion dans des classes « classiques ». Par exemple, Maxence est en ULIS pour l’apprentissage de la lecture et du calcul et va en CP pour le sport, les arts plastiques, la chorale, le catéchisme et bien sûr les récréations !!!
A tout moment lors de son parcours scolaire, un enfant peut rejoindre la classe ULIS, ou la quitter pour retourner dans le système scolaire classique.
Cela fait plus d’un an maintenant que Maxence est en classe ULIS et il a fait d’énormes progrès. Grâce à cette scolarisation à la carte, l’enseignante a pu proposer à Maxence une méthode adaptée pour l’apprentissage de la lecture. 

3- Franchir le pas de la classe ULIS a été difficile ?
Je dois dire que j’ai eu beaucoup d’appréhension à l’idée d’inscrire Maxence en ULIS. Tout d’abord parce que c’est une façon de reconnaitre  officiellement que Maxence est différent. Ensuite parce que j’avais peur de l’influence que pouvaient avoir les autres enfants de la classe ULIS sur Maxence. Au final je trouve Maxence en pleine forme et …heureux ! Dans la classe ULIS, je n’ai découvert que bienveillance et beaucoup d’entre-aide entre les enfants.
Pour les enfants de la classe ULIS, la punition suprême c’est de ne pas aller à l’école !!! Maxence n’en est pas encore là, mais qui sait… !!

Pour en savoir plus sur les classes ULIS, retrouvez mon article Heureux qui comme ULIS.
Et au sujet de l'inclusion scolaire, vous pouvez relire mon 'coup de gueule' ici.

mercredi 28 août 2019

Comment se ‘réinventer’ en cette période de rentrée ?


Parmi les découvertes réjouissantes de cet été que je souhaite partager avec vous en cette rentrée, la lecture du court mais riche essai de la philosophe et titulaire de la chaire ‘humanités et santé’ Cynthia Fleury  dont le titre dit tout : ‘le soin est un humanisme’.
Vaste ambition… et aussi l’occasion de réfléchir à se réinventer en cette rentrée ?
Plutôt que de me livrer à une synthèse impossible, j’emprunte à la philosophe un court extrait qui traite de la vulnérabilité et nous rappelle avec beaucoup de justesse qu’elle est une vérité de la condition humaine, partagée par tous et pas uniquement par ceux qui font l’expérience plus spécifique de la maladie ou du handicap.
Surtout - et je suis certaine que nombreux d’entre vous ont déjà expérimenté cette situation -, elle souligne que si la vulnérabilité fragilise le sujet, chacun doit se rappeler qu’elle peut être aussi l’occasion d’une sublimation possible. Du côté de la personne fragilisée comme du côté des aidants et de l’environnement proche.
C’est aussi ma conviction et la raison de ce blog : mettre en lumière des parcours de vie sublimés par la vulnérabilité et de belles (et souvent joyeuses) initiatives nées du handicap ; et par là-même, encourager chacun d’entre nous à faire un pas vers la personne fragile. Car, c’est une évidence, nous en sortirons plus heureux et plus forts.
Et maintenant, place aux mots de Cynthia !

La vulnérabilité est ‘capacitaire’ et nous permet de nous réinventer
« La vulnérabilité est une combinaison d’hyper-contraintes qui sont souvent d’emblée dévalorisées, stigmatisées par la société comme étant non performantes, invalidantes et créatrices de dépendances. Mais elle nous invite, nous, les « autres », à mettre en place des manières d’être et de se conduire, précisément autres, aptes à faire face à cette fragilité pour ne pas la renforcer, voire pour la préserver, au sens où cette fragilité peut être affaire de rareté, de beauté, de sensibilité extrême. Ce qui est donc intéressant dans la vulnérabilité, en dehors du fait qu’elle est consubstantielle à tout homme et finalement assez peu spécifique, c’est qu’elle invite l’homme à inventer un ethos, à produire un geste plus soucieux de la différence de l’autre : elle fait naître chez nous une préoccupation, une attention, une qualité inédite de présence au monde et aux autres. Elle fait naître chez nous un être, une manière d’être, un style de vie, un autre nous-même. »

J’espère que ces quelques lignes lumineuses inspireront chacun d’entre vous, comme elles me rappellent de manière vigoureuse et convaincante que je dois poursuivre mon engagement.
Belle rentrée à tous !

lundi 15 juillet 2019

Ouvrez grand les yeux, c’est les vacances !


Devinette : laquelle de ces deux personnes est handicapée ?

 
Nous sommes tous sensibles aux handicaps quand ceux-ci sont apparents mais certaines personnes souffrent d’un autre type de handicap : le handicap invisible.
Le handicap invisible, c’est un handicap qui n'est pas apparent. La personne peut avoir des difficultés d'interaction avec son entourage sans que ce dernier puisse comprendre qu'il s'agit d'un handicap…
Les troubles concernés sont extrêmement divers : par exemple, il peut s’agir d’une déficience visuelle ou auditive, un trouble mental comme la schizophrénie ou la bipolarité, une dyslexie ou dyspraxie, une maladie chronique...
Savez-vous que sur les 12 millions de Français touchés par le handicap, 80% ont un handicap invisible ?
Vous me voyez venir… La nomophobie - la peur d’être sans son téléphone portable- serait-elle en train de devenir un handicap invisible ?

Allez, on se déconnecte pendant les vacances, on ouvre grand les yeux autour de nous et on se reconnecte au monde réel !

On se retrouve à la rentrée, tout sourire ? Bonnes vacances à tous !